Sud-Ouest du 10 Septembre 2007
Sud-Ouest du 10 Septembre 2007
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BRACONNE ET CHARENTE - La communauté de communes a inauguré hier son réseau internet haut débit dû à une équipe de bénévoles et un financement local
Haut débit fait maison:
Natacha Thuillier
Il s'agit d'un magnifique pied de nez aux opérateurs de téléphonie, France Télécom en premier. Ces derniers dédaignent en effet les petits villages de campagne : trop éparpillés, pas assez peuplés, en un mot pas assez rentables pour y tirer les fils qui amènent l'internet haut débit.
À Brie, Champniers, Asnières ou Vindelle, on ne s'est pas laissé faire pour autant : grâce à une équipe de bidouilleurs informatiques, la communauté de communes Braconne et Charente s'est fabriqué elle-même son réseau haut débit. Eh oui, comme les confitures, un "réseau mitonné maison". Totalement mis en service cet été, il a été inauguré samedi matin, à la maison communautaire devant une assemblée ravie. Et pour cause.
Après un an et demi de surchauffe des neurones et d'escalade de toits, les bénévoles de l'association Wi-Fi Braconne et Charente ont quasiment réussi à gommer les "zones blanches" qui tachetaient la carte du haut-débit dans le secteur.
Mini-relais. Par exemple à Jauldes. « Sur les 300 foyers, plus de 100 étaient inéligibles au haut-débit », explique Eric Savin, vice-président de l'association et élu municipal. Pourtant, 70 foyers étaient intéressés. Aujourd'hui 40 bénéficient du haut-débit. Cinq autres sont en attente.
Quelle est la recette magique employée à Brie et alentours ? Elle est composée de Wi-Fi. Cette abréviation anglaise désigne la technologie qui permet de transmettre du débit internet par les ondes radios. Schématiquement il suffit de se "brancher" sur un tuyau de haut-débit existant puis ensuite de diffuser ce flux par les ondes dans les territoires dépourvus de tuyaux. Seul hic : le Wi-Fi ne transmet pas très loin, il faut donc mailler le territoire de mini-relais. Difficulté supplémentaire, dès qu'une bâtisse ou un bosquet d'arbres se trouve sur le chemin des ondes, cela suffit pour couper la transmission.
« Ma maison se trouvait à un endroit stratégique », explique ainsi Luc Perrin, qui habite Les grands voisins, sur la commune de Brie. L'association a donc toqué à sa porte. Il a d'autant mieux accepté la pose sur son toit d'un relais qu'il était lui-même intéressé par l'ADSL. « J'ai de la famille dans toute la France », glisse-t-il.
On imagine les séances de "transpirette" qu'il a fallu à l'équipe de l'association Wi-Fi depuis un an et demi, pour imaginer le réseau sur la communauté de communes Braconne et Charente, faire les repérages sur le terrain, installer les petites antennes et configurer les logiciels qui font marcher tout le système.
« Il y a derrière tout cela un très, très gros travail technique », a souligné samedi Christophe Ramblière, élu de Brie, instigateur du projet, puis coordinateur. Les communes charentaises se sont d'ailleurs inspirées de ce qui s'est réalisé ailleurs, notamment dans le Quercy.
Ce défi technologique n'a pas empêché les bons moments. La complicité était évidente, samedi, au moment de l'inauguration, entre tous ceux qui ont participé de près à cette "belle aventure" et qui continuent à intervenir, tels des saint-bernard, quand le réseau flanche.
Le résultat est là, bien concret : 130 familles oubliées du haut-débit y sont raccordées. Il y en aura deux cents à la fin de l'année. Un très joli pied de nez.